Jean Gachassin, un président abordable qui n'a pas la langue
dans sa poche./Photo DDM, Didier Donnat
Après avoir déjeuné chez « Moderne et Pigeon », le président de la
Fédération française de tennis, présent à l'ASM, s'est félicité du
partenariat noué avec l'USSAP dans l'opération « balles jaunes ».
La Dépêche du Midi : Qu'est-ce qui nous vaut votre présence exceptionnelle dans l'Aude ?
La Dépêche du Midi : Qu'est-ce qui nous vaut votre présence exceptionnelle dans l'Aude ?
Jean Gachassin : Disons qu'après les péripéties subies par le comité
audois (Ndlr : qui avaient amené à la démission d'André Ambit), j'ai
voulu cautionner le travail de redressement effectué par Nicolas Miguel,
le plus jeune président départemental de France, à qui j'avais promis
de venir en visite dans l'Aude.
DDM : Parlez-nous de cette opération « balles jaunes »…
JG : On a décidé de recycler toutes les vieilles balles : on enlève
le feutre, on récupère la matière et on constitue des tapis de jeu qui
seront posés dans des salles où évolueront des sportifs handicapés
membres d'associations solidaires. Bravo et merci donc à l'USSAP de
jouer le jeu de la générosité avec nous.
DDM : Économiquement, l'Aude vient de confirmer sa triste quatrième
place de département le plus pauvre de France.Et tennistiquement parlant
?
JG : Départements et ligues ne sont heureusement pas tributaires du
mauvais résultat que vous évoquez. C'est Paris et la Fédération, grâce
aux retombées fabuleuses de Roland-Garros (150 M€ des 175 M€ de notre
chiffre d'affaires) qui aide au développement local et la politique de
cette ligue du Languedoc est ambitieuse, croyez-moi, notamment avec ces
jeunes et ces brevetés d'état enthousiastes.
DDM : 30 ans après l'opération 100.000 courts, beaucoup de courts
sont aujourd'hui à l'abandon, surtout en territoire rural comme dans
l'Aude. Que faire ?
JG : Cette opération a été une bonne et une mauvaise chose en même
temps. Chaque village voulait son court, mais encore fallait-il faire
vivre ces courts avec des animations, et là, ça n'a pas suivi. Les
courts ont vieilli. On réfléchit comment rénover ces terrains en accord
avec les municipalités, que nous incitons à investir. Mais avec 8.700
courts dispersés en France, c'est dur…
DDM : Vous êtes le président du terrain et des échanges avec les
dirigeants, non des conciliabules et des petits arrangements comme jadis
avec votre prédécesseur. Vous souscrivez ?
JG : Oui, absolument, et c'est une manière de gouverner. J'ai passé
25 ans à être dirigeant de club, 8 à gérer un comité et encore 16 en
tant que président de ligue. J'ai toujours été un homme de transparence
et de dialogue. Seule la vérité du terrain m'intéresse.
DDM : Le tennis français actuel vous satisfait-il ?
JG : Pour les garçons, ça va, et j'aimerais franchement que Guy
Forget arrache sa dernière Coupe Davis en tant que capitaine. Chez les
filles, par contre, on a quatre ans pour récolter ce qu'on sème
actuellement, un gros travail qui va de la Fédération jusqu'aux petits
clubs.
DDM : Vos joueurs préférés ?
JG : Ils sont Français : Jo-Wilfried Tsonga, pour son excellente
mentalité par rapport au jeu lui-même, et puis Gaël Monfils, un garçon
vraiment attachant.
